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Les vins boliviens font leur entrée au ProWein 2015 #bolivie #amériquedusud #prowein

tarija

A  l’évocation des vins latino-américains, c’est bien souvent l’Argentine et le Chili qui viennent à l’esprit. Avec respectivement 16 millions et 10 millions d’hectolitres par an  (5ème et 10ème producteurs mondiaux) et des vignobles devenus emblématiques et bien commercialisés  (Mendoza, San Juan, Gato negro…), ces deux pays occupent le devant de la scène dans le continent. Le Brésil et l’Uruguay sont en bonne place derrière ces deux poids lourds.

Mais les acteurs majeurs ont parfois tendance à occulter des pays producteurs sur lesquels il est intéressant de se pencher et d’analyser les évolutions, malgré leurs places secondaires sur le marché mondial. prowein2

La Bolivie a bien été représentée au salon ProWein 2015, l’un des événements majeurs de l’année chez les négociants qui s’est tenu à Düsseldorf du 15 au 17 mars. Sans prétendre rivaliser avec les raz-de-marée d’exposants français (1233 exposants) ou allemands (769 exposants) qui alignent leurs meilleures écuries, la Bolivie était modestement représentée par 8 exposants viticoles. C’est d’ailleurs la première fois que des producteurs boliviens viennent exposer au ProWein, qui a rassemblé cette année une cinquantaine de pays. En faisant son entrée sur un des salons les plus en vue sur le marché vinicole, la Bolivie offre un peu plus de visibilité à ses producteurs, qui méritent d’être connus.

L’entrée de la Bolivie au salon a été facilitée par le Centre pour la promotion des importations des pays en développement (CBI), une agence de développement néerlandaise. Cet organisme public  travaille depuis 2013 avec une quinzaine de domaines boliviens, avec pour objectif de s’ancrer dans le marché international et notamment d’exporter vers l’Europe (70% de la demande globale est en Europe, de plus la demande intérieure est assez faible). Selon la CBI, le vin bolivien reste un secteur très restreint avec moins d’une vingtaine de producteurs susceptible de s’insérer sur le marché mondial dans l’immédiat. Toutefois la dynamique pourrait s’accélérer grâce au rôle actif joué par certains acteurs locaux et grâce aux gains de qualité et de production qu’accompagnent généralement l’adaptation à l’exportation.

Pour parler chiffres, la Bolivie produit annuellement 6 millions de litres, exploite 3000 hectares de vignes et comptent 65 domaines. Particularité nationale: la vigne est exclusivement exploitée en altitude, entre 1600 et 3000 mètres. On distingue trois régions productrices principales: Sant a Cruz  (100 hectares), Cinti  (1500 hectares) et Tarija  (2400 hectares). C’est de cette dernière que sort l’essentiel de la production bolivienne annuelle avec 5700000 litres. On y trouve des cépages assez variés, cabernet sauvignon, pinots, merlot, syrah, tannat, riesling, chardonnay etc..

La spécificité des vins boliviens réside dans l’altitude des vignobles et par conséquent dans leur exposition plus forte aux rayons ultra-violets. De plus, les conditions climatiques, très variables à cette altitude joueraient un rôle positif dans la constitution des arômes et prédisposerait à un vieillissement optimal. Ces conditions particulières ont aussi leurs revers: des pertes parfois importantes dues aux aléas climatiques.

A l’occasion du ProWein 2015, les producteurs boliviens ont sans doute eu l’occasion de sentir le marché et de nouer des échanges commerciaux fructueux. Ceux-ci ont pu compter sur la CBI pour se faire la main dans ce type d’environnement. En effet la CBI et les agences locales, en collaboration avec les vignerons depuis 2013 n’ont pas ménagé leurs efforts pour atteindre de très bon standards marketing. Le site internet coopératif Wines of Bolivia, véritable mine d’information sur la production locale en est une preuve flagrante.

On ne doute pas que les acteurs boliviens ont eu bien des atouts à présenter aux négociants européens. Ceux-ci  ont sans doute été autant séduits par les chardonnays que par la liqueur nationale, le Singani, fin distillat de raisin blanc  (Muscat d’Alexandrie) tirant à 70 degrés qui se distingue par la concentration et la complexité de ses arômes. On imagine que ces messieurs ont dû apprécier aussi les assemblages de tannat, malbec des Campos de Solana  (Tarija), qui s’épanouissent à plus de 1850 mètres d’altitude tout de même, auxquels World Association of Writers and Journalists of Wines and Spirits  (WAWJWS) a attribué le prix du vin de l’année 2014.

campos de solana

Pour aller plus loin:

www.winesofbolivia.com/

www.camposdesolana.com/en/

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